webmaster: Candiman

 

articles divers

1/2/3

DS magazine (France)

Musique | à l'écoute de ... 

(E) le génie lunaire du rock américain

Mark oliver Everett, le maitre à jouer du trio Eels* (anguilles), bâtit son oeuvre autour de l'enfance, de l'hôpital et de la mort. Pour approcher le secret de cet univers, il faut plonger dans le passé du génial multi-instrumentiste de 3 ans, qui a survécu à une tragédie, pas mal de galéres, mais aussi à la vente d'un million d'exemplaires de son précédent album.

Il ya deux ans, le tout-Paris de pressait à la Cigale pour voir la dernière "créature" de Spielberg. Une figure d'ange diabolique avec barbiche et prunelles angoissées, sorte d'enfant mal grandi, perdu dans un monde d'adultes. Il sautillait d'un instrument à l'autre, tel un E.T. matheux. d'ailleurs, Mark Olver Everett n'avait-il pas choisi son drôle de pseudo en forme d'équation, E, en hommage à son père physicien, qui a passé sa vie à écrire des théories de science-fiction? A 20 ans, multi-instrumentiste doué, il quitte sa famille et Washington pour L.A., ses clubs fiévreux, ses lendemains qui déchantent. Après deux albums qui ne connurent aucun succès, Polydor le vira sans ménagement... Plus personne ne s'interessait à ce garçon malingre, dépressif, maladivement timide. Personne sauf... Steven Spielberg, patron (avec David Geffen) du label Geffen/Dreamworks. Le futur créateur des Eels trouva ainsi son foyer, même s'il avoue n'avoir jamais rencontré le cinéaste dont les films, bizarrement, ne paraissent pas l'émouvoir. Pourtant, la critique ne doutait pas d'une passion commune lorsque sortit en 1996, son troisième album "Beautiful Freak", très "Rencontre du troisième type", mais à l'univers bien plus clinique et pervers. Il contenait déjà la fluidité propre aux Eels, mélant clochettes enfantines (très spielbergiennes) et ténèbres. Car l'artiste y révélait enfin son drame intérieur. Sur la couverture de l'album, dans un blanc vertigineux, une fillette vous observait de ses yeux énormes. Malaise. E parlait de drogue, voyait des araignées sur les miroirs... Deux mois après la sortie du disque, sa soeur, droguée, dépressive, se suicidait. Il aura donc fallu attendre deux ans le magnifique quatrième disque, "Electro-Shock Blues", qui arrive cet automne. Le ton y est poétique, la voix toujours angoissée, les thèmes graves. "Ce disque, avoue-t-il, m'a été inspiré par ma soeur. Je ne tiens pas à parler de sa maladie, mais l'hôpital est ma réalité. Beaucoup de mes thèmes tournent autour du contôle de la sensibilité, des entiments, bons ou mauvais, que vous avez là-bas." Cela confine à l'obsession. Au fil des chansons, E aligne un véritable diagnostic : Cancer for the Cure, My Descent Into Madness, Hospital Food... "la nourriture de l'hôpital a une réputation éxécrable. Personne ne veut la manger. Elle rend encore plus malade. Les patients rêvent de changer la manière d'y vivre." Comme a dû le rêver cette soeur mythique, cloitrée derrière son mur de glace, au bord de la folie. E raconte qu'elle avait essayé de jouer de la guitare mais, se croyant sans talent, elle la lui avait refilé, plongeant dans ce vide vertigineux d'où lui-même sortit grâce à la musique. Aujourd'hui, E semble plus que jamais voué à la solitude. C'est elle, probablement, qui lui a soufflé sa plus belle chanson, Climbing to the Moon. "J'étais dans la forêt, se rappelle-t-il, tel un moine bouddhiste. Et je n'ai pas parlé pendant dix jours." Peut-être pour mieux s'imaginer un pied sur l'échelle, grimpant vers la lune, afin d'y retrouver sa soeur martyre...

*Electro-Shock Blues, Universal, sorti le 21 Septembre

 

 

 

 

Évolution du site

  

création de la page d'accueil du site ainsi que la page discographie

 

       
  

total réorganisation du design du site pour une navigation plus confortable

 

       

venez aussi visiter la page du webmaster

et ne partez pas sans signer mon livre d'or !